Résidence de création à Mayotte (2016-2018)


En 2016, avec le soutien de la Direction des Affaires Culturelles de l’île, Sisygambis a entamé une résidence de création artistique de trois ans à Mayotte, intégrant le territoire de Mayotte au projet «De la Méditerranée à l’océan Indien» développé depuis 10 ans sur la côte est de l’Afrique et dans l’océan Indien.

Ce vaste travail de création artistique multimédia est l’occasion de valoriser sur un plan national et international le patrimoine culturel et artistique de Mayotte à travers les paysages, les coutumes de pêche, les cérémonies religieuses, les musiques, les danses, les multiples langues parlées. La riche histoire de cette terre de migrations, de métissages et de mémoire est alors propulsée dans la modernité numérique puisque Sisygambis, depuis toujours - et particulièrement pour ce grand projet sur l’océan Indien-, exprime l’expérience des hommes par les outils technologiques les plus actuels. Christine Coulange réaffirme ainsi sa vision du numérique comme un acte d’exploration, de déploiement et de partage du monde avec tous.

Créations artistiques

En partenariats et conventions avec le MuMa-Musée de Mayotte, les Archives Départementales de Mayotte, leCUFR, la Chaire Unesco-ITEN, l’Université Paris 8-CREATIC, l’Iconothèque Historique de l’océan Indien, l’Institut du monde arabe et le MuCEM, Sisygambis a la fierté de faire résonner en images la culture mahoraise au sein de grandes institutions muséales ou universitaires. Les tournages, les rencontres avec les artistes, les anthropologues, linguistes ou économistes et la population permettent, durant cette résidence, de créer des films musicaux, intégrés à des expositions de prestige qui contribuent au rayonnement de Mayotte. Ainsi le webdocumentaire «Les ports, de la Méditerranée à l’océan Indien» coproduit par l’IMA et soutenu par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, permet à chacun de voyager d’îles en villes en français, en arabe et en anglais, notamment traduits des langues de Mayotte.

Installé en permanence au MuMa-Musée de Mayotte, il permet surtout, par l’ubiquité du numérique, de révéler en
tous pays la pêche au Djarifa, le Moulidi, cérémonie soufie, le Debaa de Madania, le Djoho, le Port de Longoni ou la beauté des instruments de Zama Colo, un des derniers
luthiers de l’île.

Différentes créations de Sisygambis ont été intégrées aux expositions du MuMa- musée de Mayotte.

En métropole, 234.000 personnes ont découvert les pièces audiovisuelles créées pour l’exposition «Aventuriers des mers» à l’IMApuis au MuCEM (Marseille): analyses et récits des origines, des métissages et des langues, de l’archipel des
Comores à Zanzibar par Damir Ben Ali (Centre National de Recherche Scientifique) et Abdul Sheriff (Zanzibar Indian Ocean Research Institute); et «Prendre la mer », un voyage intemporel entre le lagon de Zanzibar et les côtes sauvages de Mayotte.

Transmission de savoirs et diffusion dans l’espace public, réel et virtuel, local et mondial.
 
Cette dernière année, Sisygambis s’est attaché, en utilisant les instruments numériques, à intensifier ses liens avec la jeunesse et à créer pour elle et avec elle. Ces créations ont donné lieu à un atelier d’écriture multimédia, multilingue et musical au MuMa : de jeunes Mahorais et Comoriens réagissent sur le patrimoine matériel et immatériel du Rocher de Dzaoudzi, visible en ligne dans le film « Le rocher, mon histoire, ma
parole : Shisiwa yangu, tarehi yangu, makalima yangu
 
». Sans en avoir parfois eux-mêmes, les enfants savent tous se servir d’un téléphone portable, d’une tablette, de Facebook... Nés avec le numérique, ils s’en saisissent d’emblée. Impliqués, motivés, ils veulent tout donner. Les morceaux réalisés avec Sisygambis sont en ligne sur la plateforme Bandcamp. À écouter et télécharger sans modération !

Le premier audioguide multilingue de Mayotte

masterclass avec les étudiants qui sauront désormais concevoir leurs propres audioguides. Le CUFR a organisé des ateliers de traduction menés par l’Association SHIME pour déployer la version finale de l’audioguide en français, shimaorais, kibushi et anglais. Cet outil, accessible à tous, est disponible sur téléphones mobiles et tablettes. En téléchargement libre au MuMa-Musée de Mayotte par borne wifi, il permet au grand public une visite guidée et illustrée du Rocher de Dzaoudzi, quartier historique de Mayotte.

De nouveaux films

Les derniers films de Sisygambis dévoilent l’éclat et le fondement social du « Grand mariage » restitués par l’ethnologue Siti Amina Yahaya Boinaîdi. Ils déplient aussi toute
la force collective du son à Mayotte : avec Cécile Bruckert, directrice de « Musique à Mayotte », l’ouverture et l’éventail d’actions de l’école, avec Victor Randrianary, chercheur en musicologie et sciences sociales, l’ancrage et les transformations du patrimoine musical.

Édition

Christine Coulange signe deux textes illustrés de ses images à partir d’entretiens avec des soufis hommes et femmes et des musiciens dans “Musique à Mayotte”, édition Les Patrimoines cachés, DAC Mayotte dont la publication sera l’occasion d’une
présentation des films.

L’écran magistral.

Parallèlement aux outils numériques, les grands écrans rassemblent les foules et répercutent toute la puissance de l’image. Christine Coulange, forte de l’expérience du festival Vivid Sydneypeuples de l’océan Indien sur les écrans géants du centre ville) reproduit l’expérience avec ses derniers films sur les écrans publicitaires de Mayotte, comme un écho à l’autre bout de l’océan Indien.

Passé, présent et ...à venir

La résidence de 3 ans s’achève mais pas le lien puissant qui s’est noué entre Sisygambis et Mayotte. Peut-être parce que, mieux qu’ailleurs, l'île concentre au présent la coexistence du passé et du futur, l’immensité des migrations, des transferts
de langues, des échanges commerciaux et culturels.
Il est question d’une plateforme collaborative multilingue qui rejoindrait le patrimoine culturel immatériel de Mayotte et permettrait aux acteurs et visiteurs d’échanger dans
les langues de Mayotte, le français, le shimaore, le kibushi.

Sisygambis y travaille, avec les chercheurs et les collaborateurs locaux. Dès l’émergence du numérique, Sisygambis s’en est emparé pour ses créations visuelles et sonores, comme un chemin transtemporel entre les savoirs anciens et les technologies futures. À Mayotte, le numérique est une voie d’expression et de rayonnement à travers le monde. Christine Coulange et Sisygambis sont heureux d’en
être les messagers et les acteurs.